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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 16:30

Intervention de Brigitte Grivet à La Seyne sur Mer

le 8 avril 2012

 

De nombreuses personnes -je serai tentée de dire, considérant ma paresse naturelle, de trop nombreuses personnes- (mais nous ne serons jamais trop nombreux dans cette lutte contre le gaz de schiste et notre désormais fameux Permis de Brignoles...), m'ont demandé et me demandent le texte de mon intervention, le 8 avril 2012, à la Seyne sur Mer.

 

Ne pouvant, considérant toujours ma paresse naturelle..., et le fait que je n'ai pas noté le nom ou le mail de tous, répondre à chacun individuellement, courtoisement et correctement, voici donc le texte de mon intervention.

 

J'ajoute que :

- Ce texte a été rédigé pour être dit. Il ne s'agit donc pas d'un texte d'un style littéraire irréprochable, si tenté que mes écrits habituels le soient, mais j'essaie d'ordinaire faire honneur à ceux qui ont essayé de m'inculquer un minimum de la langue française

- Ce texte a été prononcé publiquement. Il est donc public et appartient donc à ceux qui l'ont entendu ou à ceux qui le liront ici

- S'il peut vous aider, comme certains me le disaient à la Seyne ou me l'écrivent, à rassembler idées et arguments pour exprimer votre réticence à la signature du permis de Brignoles, n'hésitez pas à en reprendre des éléments et à les approfondir par vos propres recherches

- Enfin, il ne s'agit-là que d'un condensé de ce que j'ai moi-même compris et de ce qui me semble le plus immédiatement perceptible d'une éventuelle signature de ce permis de Brignoles.

 

Intervention à la Seyne-Brigitte Grivet- 8 avril 2012


Bonjour  à tous !


Je voudrais revenir aux fondamentaux, à la raison pour laquelle nous sommes tous ici, à la Seyne : le Permis de Brignoles !


La recherche ou l’exploitation de gaz de schiste dépend d’une technique appelée la fracturation hydraulique ou hydro-fracturation ou fracking. C’est bien celle-là qu’on envisage pour le Permis de Brignoles et pour d’autres permis.


Comme vous le savez tous, cette technique met en péril notre environnement et particulièrement, ce qui est à la base de la vie même, l’eau.


Pour exploiter le gaz de schiste, il faut des forages très proches les uns des autres. Comment accepter de voir s’ériger des derricks tous les 2 ou 3 km ?


Pour fracturer un puits, il faut des milliers de m3 d’eau et on fracture un puits plusieurs fois. Comment accepter une telle débauche d’eau alors que nous sommes en vigilance sècheresse un an sur deux ?


Pour fracturer un puits, il faut injecter des produits chimiques plus que nocifs pour la santé. Comment accepter ceci alors qu’on demande d’en réduire l’utilisation en agriculture et que les normes dans l’industrie sont également de plus en plus contraignantes et à juste titre ? Et que répondre à des agriculteurs comme Stéphane qui s’efforcent de produire avec un label bio ? Qu’ils sont idiots, qu’ils sont des crétins ?  Et que « l’écologie en agriculture, ça commence à bien faire » *?

 

Quand on fracture un puits, il y a des remontées d’eau polluée qu’il faudra stocker puis dépolluer. Comment accepter des stockages dans des bassins fragiles et vulnérables alors que nous connaissons des épisodes pluvieux gravissimes qui risquent de les faire déborder et se répandre partout dans la nature ? Rappelez-vous, vous les Varois,  des inondations du 15 juin 2010 et de novembre 2011.

Et qui va dépolluer ces eaux ? Qui sait comment les traiter ? Personne à l’heure actuelle. Et surtout pas nos stations d’épuration. Allons-nous accepter comme aux Etats-Unis qu’on les relâche dans les cours d’eau en espérant ne pas dépasser des seuils tolérables de pollution légale ? Et qui va nous parler des phénomènes de concentration de ces produits toxiques en aval, c'est-à-dire en bord de mer, là où nous sommes aujourd’hui ?


Quand on fracture un puits, il y a libération dans l’air de produits toxiques et de gaz à effet de serre alors qu’on réduit la vitesse de circulation automobile en permanence pour cause de pollution atmosphérique. Qui va accepter cette aberration supplémentaire ?


Quand on fracture un puits, il faut des centaines de camions pour apporter l’eau et les produits chimiques de fracturation, des centaines de camions pour évacuer l’eau et la boue polluées et encore des camions pour éventuellement transporter le gaz. Qui va payer pour nos routes, nos chemins et nos ponts ? Quel maire acceptera des tels désordres dans sa commune ? Quel conseil général augmentera les impôts pour réparer les dégâts de ces milliers de poids lourds ?

 

 Quand on fracture un puits, on crée aussi des séismes en sous-sols. Qui sait ce qui se passe sous nos pieds et comment l’eau souterraine circule ? Comment  prendre le risque de perturber nos réserves d’eaux et de perturber des réseaux karstiques encore mal connus alors qu’ici, dans le Var nous dépendons de l’eau qui est sous nos pieds pour plus de 70 % de notre consommation et jusqu’à 100 % dans le Haut Var ?


Quand on fracture des puits, on dépense des millions de dollars ou d’euros. Pourquoi ne pas utiliser cet argent pour promouvoir d’autres énergies moins polluantes et acceptables par tous ?

Et quand on pollue, c’est un soi-disant accident imprévisible, voire même le résultat d’un cas de force majeure souvent bien commode et il n’y a plus personne pour en assumer la responsabilité. On trouve une argutie règlementaire pour s’exonérer de tout et on laisse les populations se débrouiller avec le problème.


Comment faire confiance à des entreprises pétrolières ou gazières comme Total qui fait appel d’une chose jugée en sa défaveur.  La pollution de la Bretagne par l’Erika ? Vous vous souvenez ? Total a été condamné mais finalement ne se considère pas responsable. Qui va nous faire croire que ce sera différent ici ?


Alors, bien sûr, on va nous dire que fracturer des puits et exploiter le gaz de schiste, c’est bon pour l’emploi. Mais de qui se moque-t-on ? On va peut-être créer quelques emplois de foreurs et de chauffeurs de camion mais combien d’emplois dans l’agriculture et le tourisme on aura détruits ?

 

On va nous dire, aussi, qu’il s’agit d’assurer l’indépendance énergétique de la France. Quelle indépendance ? Avec des capitaux étrangers comme ceux de Schuepbach pour le permis de Brignoles ? Qui va encaisser les bénéfices ? Et qui va se tirer dans quelques années en laissant des paysages désolés et des sols pollués trop chers à dépolluer ?


Je vous rappelle que dans son dépôt de demande de permis, Schuepbach annonce un capital de 5,2 millions de dollars, pour sa société domiciliée dans le Delaware, paradis fiscal américain. 5,2 millions de dollars ! Même pas 4 millions d’euros au cours du jour. 


Qui est donc cette société croupion, cette société fantoche, qui dépose un permis sur plus de 6780 km², sur plus de 200 communes de notre région ? Comment se fait-il que cette demande de permis ne soit pas déjà passée à la poubelle ? Comment se peut-il que cette demande soit toujours à l’étude ?


Pour toutes ces raisons, nous exigeons que ce permis ne soit pas signé. Nous exigeons que la voix des citoyens que nous sommes, hors de toute affiliation partisane, soit entendue.


Nous exigeons que les gaz et huiles de schiste et gaz de houille restent là où ils sont très bien : en sous-sol profond et que personne ne joue à l’apprenti sorcier en allant les débusquer au mépris de toute considération démocratique et environnementale.


Merci pour votre attention !

 

*cf N Sarkozy au Salon de l’Agriculture de 2010 (ou 2011 ?)

 

 

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Published by Veille Citoyenne Veille citoyenne - dans GAZ DE SCHISTE en Provence et ailleurs
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commentaires

gazdeschiste-collectif-var 09/04/2012 22:23

Bravo Brigitte pour ton intervention à La Seyne. Notre Collectif 83 a cela de très fort qu'il est constitué de citoyens ayant des capacités diverses et qu'ainsi, ensemble, nous arrivons à faire
bouger les montagnes. A titre personnel, je suis assuré que ce maudit permis de Brignoles sera bientôt dans la poubelle que nous avons ramenée de la Seyne ; nous envisageons de nouvelles
opérations, nous ne les laisserons pas tranquilles, nos dirigeants, ils se fatigueront avant nous ou partiront ... démocratiquement.
Christian Dépret

Veille citoyenne 10/04/2012 13:40



No Gazaran !!! Ni ici, ni ailleurs, comme ils disent sur le Causse...


BG



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